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Souche de cheminée et solins : un point de fuite fréquent

10 août 20266 min de lecture
Souche de cheminée et solins : un point de fuite fréquent

La souche de cheminée est l'une des zones les plus vulnérables d'une toiture. Perchée en plein milieu des tuiles ou du zinc, exposée aux pluies, aux variations de température et aux mouvements de la charpente, elle cumule toutes les contraintes. Et pourtant, on l'oublie facilement. Jusqu'au jour où une tache brune apparaît au plafond, juste au-dessus de la cheminée. À Montreuil comme partout en Seine-Saint-Denis, c'est l'une des causes d'infiltration les plus courantes que nous rencontrons sur les toitures anciennes.

Pourquoi la jonction souche / toiture est si fragile

La souche de cheminée traverse la couverture. Elle part du foyer, traverse le plancher, la charpente, et sort au-dessus du faîtage ou sur la pente du toit. Cette traversée crée une rupture dans la continuité de l'étanchéité. C'est là qu'intervient le solin : une pièce de zinguerie (souvent en plomb, en zinc ou en aluminium) qui assure l'étanchéité entre la base de la souche et la couverture.

Le problème, c'est que la charpente bouge. Elle travaille en permanence sous l'effet de l'humidité, de la chaleur, du gel. La maçonnerie de la souche, elle, évolue à son propre rythme. Ces deux matériaux ne se dilatent pas pareil, ne bougent pas pareil. Avec le temps, les solins se décollent, se fissurent, ou se soulèvent. L'eau s'infiltre par des fentes de quelques millimètres, parfois moins. Quelques litres par an suffisent à pourrir une pièce de charpente ou à décoller un plafond.

Le mortier utilisé pour sceller certains solins vieillit aussi très mal. On voit fréquemment des solins cimentés qui s'effritent dès qu'on les touche, parfois après seulement dix ou quinze ans. La réparation à la bombe d'étanchéité ou au mastic, souvent tentée en urgence par les propriétaires, ne tient jamais longtemps : elle masque le problème sans le résoudre.

Les différents types de solins et leurs points faibles

Le solin en plomb scellé

C'est la technique traditionnelle, et la plus durable quand elle est bien posée. Une bande de plomb est insérée dans un joint horizontal de la maçonnerie de la souche (on parle de « rejingot »), puis rabattue sur la toiture. Le plomb est malléable, il épouse les formes, il résiste au gel. Mais il vieillit : les chocs thermiques l'érodent progressivement, et les joints de maçonnerie qui le retiennent peuvent se déjointer.

Le solin en zinc

Très utilisé en couverture zinc-bac acier, il suit les mêmes règles. Sa durée de vie est bonne, mais il supporte mal les mauvaises associations de métaux (contact avec le cuivre ou l'acier galvanisé non protégé). Sur les toitures anciennes de Bagnolet, où se côtoient souvent plusieurs générations de réparations avec des métaux différents, ce type de problème n'est pas rare.

Le solin cimenté

Plus économique à la pose, il compense par une durée de vie bien plus courte. Le ciment craquelle, absorbe l'eau, puis se décolle. On le reconnaît facilement : il prend une teinte grisâtre et laisse apparaître des fissures en réseau, un peu comme une croûte sèche. Dès ce stade, l'infiltration est souvent déjà en cours, même si elle n'est pas encore visible à l'intérieur.

Comment repérer une fuite autour de la souche

Certains signes ne trompent pas. Une tache humide au plafond ou sur le mur porteur, qui apparaît ou s'aggrave après les pluies, doit orienter le diagnostic vers la souche. La fuite toiture côté cheminée est d'autant plus traîtresse qu'elle peut cheminer sur plusieurs mètres avant de tomber.

Depuis la toiture, voici ce qu'il faut inspecter :

  • Les joints entre la souche et les solins (fissures, décollements, vides)
  • La maçonnerie de la souche elle-même (briques ou moellons fissurés, joints déjointés)
  • Le chaperon, c'est-à-dire la dalle de béton ou de pierre posée sur le haut de la souche (fissures, absence d'égout)
  • L'état du mortier ou du mastic s'il y a eu une réparation ancienne

Un contrôle visuel depuis le sol avec des jumelles peut déjà donner des indications. Mais seule une inspection depuis la toiture permet d'évaluer précisément l'état des solins. On peut aussi arroser la base de la souche avec un tuyau d'arrosage pendant qu'une personne surveille l'intérieur : si l'eau passe rapidement, le solin n'est plus étanche.

Refaire les solins : ce que ça implique

La réfection d'un solin cheminée n'est pas une opération qu'on improvise. Elle demande de travailler en hauteur, sur une toiture en pente, avec des matériaux qui nécessitent une mise en œuvre précise. Une mauvaise pose crée de nouveaux points de fuite, parfois pires que l'original.

Concrètement, la reprise comprend plusieurs étapes : dépose soigneuse des anciens solins et nettoyage de la maçonnerie, création d'une saignée dans les joints de la souche pour encastrer le nouveau solin (c'est ce rebord horizontal qu'on appelle « rejingot »), façonnage et pose du métal (plomb ou zinc selon la couverture), puis ragréage des joints à la chaux ou au mortier adapté. Le chaperon doit aussi être contrôlé, voire refait, car une fissure au sommet de la souche alimente directement l'infiltration dans la maçonnerie.

Sur les maisons à toiture tuile de Vincennes, on veille particulièrement à la compatibilité entre la pente, le type de tuile et le raccord de solin. Un détail qui change la manière de façonner la pièce.

Le coût d'une telle intervention dépend de l'état initial de la souche, de l'accessibilité du chantier et du matériau retenu. Un devis sur place reste la seule façon d'évaluer précisément le travail.

Prévention : ne pas attendre la tache au plafond

La plupart des fuites liées à la souche de cheminée auraient pu être évitées avec une inspection régulière. Une toiture se contrôle. Pas nécessairement chaque année, mais au moins après une période de gel intense, après un épisode de grêle ou de vent fort, ou quand le bâtiment a plus de vingt ans sans entretien documenté.

À Les Lilas, les maisons de banlieue construites entre les années 1930 et 1960 ont souvent conservé leur cheminée d'origine, avec des solins qui n'ont parfois jamais été refaits. Ce n'est pas systématiquement un problème visible, mais c'est une zone à surveiller de près.

Quelques habitudes simples permettent de limiter les risques :

  • Faire contrôler la souche lors de tout entretien de toiture, même si elle ne fuit pas encore
  • Rénover le chaperon dès l'apparition de fissures, sans attendre qu'il s'effrite
  • Vérifier les joints de maçonnerie de la souche tous les cinq à dix ans, surtout en climat froid

Une cheminée qu'on n'utilise plus mérite quand même d'être entretenue côté toiture : la souche reste exposée aux intempéries, qu'il y ait du feu en bas ou non. Si elle n'est plus utilisée, la condamner proprement (chaperon étanche, tampon de ventilation) est une option qui réduit les risques.


Maison Albert Couverture intervient sur la réfection de solins, le contrôle des souches de cheminée et l'entretien de toiture à Montreuil et dans tout le secteur de la Seine-Saint-Denis. Si vous observez des signes d'infiltration ou si votre toiture n'a pas été contrôlée depuis plusieurs années, contactez-nous pour un devis gratuit et sans engagement.

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